Dany's Story.

D'une inutilité déconcertante. Je brave ma flemmardise et tenterai de m'obliger à tenir la cadence.



Ma fainéantise me hurle de vous demander de laisser un commentaire, ici-même, si vous voulez que je vous prévienne à la publication de nouveaux chapitres. Ca m'économisera du temps, à chercher tout le mondre un peu partout. : )

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# Posted on Thursday, 07 February 2008 at 2:10 PM

Edited on Friday, 25 July 2008 at 1:50 PM

Kapitel I Future embellisseuse de grands Gens.'

Kapitel I   Future embellisseuse de grands Gens.'
Au moins, à cet instant, elle était heureuse. Non pas qu'à celui-ci elle soit démoralisée. Plutôt qu'elle n'y croit plus, elle sait. Vous savez, ce genre de choses que nous espérons tellement qu'elles nous semblent réelles, inévitables. Et pourtant, c'est une fatalité qui lui est apparue ce jour-là. Ce n'est pas un mur que Dany s'est prise dans la figure mais un building de plusieurs dizaines d'étages.

Vous savez, sa vie était toute tracée, un peu comme celle d'un comte de fée. Une de ces happy end ennuyeuses comme on n'en fait plus. Tout comme les avocats de pères en fils, elle deviendrait maquilleuse ou coiffeuse. Une tradition de mère en fille, ça ne se sacrifie pas sur un coup de tête, ça se respecte, point à la ligne. Dany le savait très bien et elle ne s'en plaignait pas. Elle rêvait, elle aussi, de pouvoir un jour peinturlurer le visage des stars les plus convoitées du moment. Des milliers, que dis-je, des millions de spectateurs admireraient chaque soir son oeuvre, sans qu'ils ne s'en rendent compte. Un travail bien fait ne se remarque pas, un trait bien dessiné ne se félicite pas, il se savourre. Jamais elle ne devait complimenter sa mère. Jamais, au risque qu'elle ne se vexe, se fâche toute rouge et l'envoie se coucher plus tôt que de coutume. Dany non plus ne voudrait jamais de bonne parole. Si quelqu'un se tait, c'est qu'il admire bouche bée. S'il commente, il cherche à ne pas mettre l'auteur mal à l'aise. Personne, jamais, ne lui dirait que le bon Dieu s'est baissé sur son berceau pour la doter d'un don, du talent du crayon noir. Ca non, jamais.

Dany était une de ces petites filles détestées, une de ces petites filles si parfaites que nul ne voulait s'afficher à ses côtés de peur de paraitre ridicule. Une blondinette aux yeux bleux, tout ce qu'il y a de plus classique, de plus charmant. Ses amis, elle pouvait les compter sur les doigts d'une main. Avec son poing même si elle le voulait. June était la seule à avoir osé apprendre à la connaitre, à avoir tenté de percer la personnalité de Dany. Cette amitié ne fit pas long feu. L'attachement et la confiance ne suffissent pas dans certains cas. Les imprévus se cachent souvent au coin de la rue, et ne vous méprenez pas, ils ne crient pas gare avant de tout gacher. La Jeep, elle aussi, dévalait à toute vitesse, sans prévenir du terrible drame qu'elle s'apprêtait à commettre. Ce soir d'été où June tenait absolument à battre Dany dans leur course, elle voulait à tout prix pousser la porte du glacier en première. Elle ne la touchera plus jamais.



Son enfance et son adolescence, Dany les avait passées aux quatre coins du monde. La Terre n'avait jamais été une sphère dans l'esprit de Dany. Qui dit puissance dit sommet. Sommet dit coin. Et comment une gigantesque boule pourrait présenter des coins ? Quatre gros coins : l'Amérique, l'Allemagne, la Chine, la France. Tout autant de pays que Dany connaissait comme sa poche, même les petits trous perdus que sa maman ne remarquait pas au repassage. Des écoles, elle en avait fréquenté un grand nombre, toutes aussi prestigieuses les unes que les autres. Dans aucune d'elle, Dany ne trouva une épaule sur laquelle se reposer lorsqu'elle fatiguait. Il n'y avait eu que June mais qui cela pouvait-il bien interesser ?

La routine caractérisait son existence à la rigueur d'un métronome. Le moindre de ses gestes était contrôlé, calculé, minuté. Elle ne se trompait jamais, du moins en apparence. Pour rien elle n'aurait souhaité changer son destin.

- Embellisseuse de grands gens, répondait-elle quand une personne lui demandait comment elle se voyait dans l'avenir.
- Pourquoi ? Tu sais, tu pourrais devenir tout ce que tu veux, l'embêtait-on inévitablement.
- Et pourquoi pas, d'abord !

Pourquoi bousculer de telles évidences. Dany attendait sa majorité, le jour où elle pourrait enfin exercer sa profession. Là, sur le banc d'un vieil internat en pleine campagne française, elle patientait. Le vent lui sifflait dans les oreilles, relevait ses cheveux; le soleil lui piquait aux yeux. Le printemps pointait le bout de son nez au bout, à l'horizon. Juste derrière le grand saule dénudé. Les élèves déambulaient devant elle sans même l'apercevoir. Ils foulaient les graviers du fin sentier, ne regardant que droit devant eux, les bâtiments scolaires. Les gravillons grinçaient sous leur pas. La journée de Dany commençait. Quelques secondes plus tard, elle se redresserait, se dirigerait vers les salles de cours. Aux alentours de 16h00, elle se réfugierait dans sa chambre individuelle jusqu'au dîner durant lequel elle écouterait d'une oreille absente les potins de ces camarades.
Elle n'y songeait pas. L'essentiel n'était pas immédiat, et elle le savait pertinnement. Alors elle rêvait seule sur son banc.

# Posted on Thursday, 07 February 2008 at 2:11 PM

Edited on Friday, 04 July 2008 at 4:13 PM

Kapitel IIFinir en chair fraiche n'était pas pour elle, Dany, la petite fille parfaite et solitaire du banc près de la fenêtre. '

Kapitel IIFinir en chair fraiche n'était pas pour elle, Dany, la petite fille parfaite et solitaire du banc près de la fenêtre. '

- Nom de Dieu. Où est ce fichu jean !, hurlait Dany à travers son appartement bourgeois. Premier jour de boulot et il faut que tu perdes tes vêtements. Il n'y a que toi ma chère Dany pour merder à ce point.


Après d'éprouvantes fouilles archéologiques sous son lit, elle retrouva le pantalon en question. Elle l'enfila en vitesse et pria tous les Saints de ne pas être en retard. Elle dévala les 3 étages de l'immeuble, fonça dans la porte d'entrée et siffla un taxi. Elle embarqua dans une petite auto blanche et indiqua la destination au chauffeur.



- Vous savez habillée comme ça, vous ne passerez jamais, lui lanca le jeune homme.
- Je vous demande pardon ?
- Et bien vous êtes très jolie mademoiselle, mais avec votre jean troué, ils nous vous prendront jamais pour une fille aisée et croyez-moi bien, vous resterez dehors comme toutes les autres.
- Toutes les autres ?
- Celles qui prétendent y avoir réserver une chambre.


Dany] fronça les sourcils. Pourquoi des filles voudraient-elles entrer dans un hôtel si elles n'y ont pas de chambres ? C'est idiot, totalement débile.
Les paysages de la ville défilaient derrière la fenêtre passager. Ils approchaient. Bientôt, le taxi s'arrêta.



- Cela vous fera 13 euros, mademoiselle.
- Tenez, elle lui tendit un billet de vingt. Gardez la monnaie.


Elle l'entendit murmurer d'étonnement mais elle n'y prêta pas d'attention. Le monde n'est fait que de gens qui s'imagine connaitre votre vie de long en large cinq minutes après votre rencontre. En parlant de minutes, elle jeta un regard rapide vers l'écran de son téléphone portable.



- 08h.32... Merde. Hop hop hop, on se dépêche ma petite Dany !


Elle se lança dans une course folle. Déjà 120 secondes de retard, elle ne pouvait plus se permettre de retourner au chômage. Les caisses se vidaient peu à peu alors que rien ne venait combler les trous. Elle tombait sur un patron facilement charmé ou elle pliait bagage, direction les trottoirs de la ville.



Elle sautait de marche en marche aussi vite que ses jambes le lui permettaient. Ces parents l'avaient prévenue à plusieurs reprises. Elle devait être plus soucieuse et ponctuelle si elle voulait décrocher un boulot digne de ce nom. Toutes les places de ses rêves lui avaient été refusées et ses parents ne la soutiendraient plus financièrement. Trop, c'est trop.
Aujourd'hui, elle risquait jusqu'à se faire renvoyer d'un job si insignifiant en l'espace de quelques secondes de retard. Elle ne pouvait pas. Finir en chair fraiche n'était pas pour elle, Dany, la petite fille parfaite et solitaire du banc près de la fenêtre. Certes, elle n'était plus si innocente, mais tout aussi seule et elle ne s'autoriserait pas à être réconfortée de ses échecs dans les bras d'un pervers inconnu. Elle se préparait psychologiquement à encaisser la sentence. D'un geste mal assuré, elle poussa la lourde porte bleu azur qui aurait été son lieu de travail. Elle contempla, observa quelques minutes ainsi, immobile dans l'entrebaillement de cette porte si pesante. Les cuisines de l'hôtel le plus luxueux de la capitale allemande.



- Puis-je vous aider ?, la sortit une voix de ses rêveries.
- Hein ?
- Vous examinez les fourneaux depuis tout à l'heure ...
- Oh oui. Excusez-moi. Je viens me faire virer, lacha-t-elle.
- Vous faire virer ? Logique après tout.
- Où est le patron, que je lui annonce que sa nouvelle recrue a été retardée par un jean adepte du cache-cache ?
- Devant vous, mademoiselle. Enchanté, lui annonça-t-il dans un sourir étincelant.
- ... Au moins vous êtes déjà prévenu, je n'aurai pas à le refaire une deuxième fois.
- En effet.
- Je vais donc arrêter immédiatement de vous importuner et retourner à mes occupations.
- Et où je trouve une plongeuse aussi dynamique que vous ? Restez, je n'ai pas envie de me mouiller les mains, blagua-t-il.


Dany laissa s'échapper un faible rire plutôt dû au soulagement soudain qu'elle ressentait qu'à la fausse fainéantise du jeune homme.



- Et bien alors, qu'attendez-vous ? Je ne suis pas à cheval sur les horaires mais il ne faudrait pas prendre un retard trop important non plus. Filez enfiler un tablier et aux éviers !

# Posted on Thursday, 07 February 2008 at 4:15 PM

Edited on Friday, 04 July 2008 at 4:13 PM

Kapitel IIIUn mois, c'est long.'

Kapitel IIIUn mois, c'est long.'
- Même plus 24 heures, alors arrête de nous casser les oreilles.
- Et s'il y avait un retardement ?
- T'en a pas mare d'imaginer le pire à chaque fois ?
- Tais-toi, il pourrait s'imaginer un crash, chuchota Tom à Georg.
- Qu'est-ce que tu lui as dit toi ?!
- Rien rien. Qu'on avait pas de soucis à se faire, que dans une dizaine heures à peine, nous serions en Allemagne.
- Hum, acquiessa Bill, sceptique.

Un mois, c'est long. Surtout dans ces villes de dizaines de mètres de haut où le soleil ne perce jamais. Surtout pour des gamins qui avaient vécu leur vie entière au beau milieu d'étendues de champs et de prairies allemandes.


- L'Amérique c'est à voir, mais plus jamais aussi longtemps. Bien content de retourner à la maison, avoua Gustav.
- Tu te plains mais t'as jamais du te lever à 03h pour une interview ou une scéance photo pour tel ou tel magazine... J'en peux plus, je suis mort. Littéralement mort ! clame-t-il dans l'aéroport.
- Ca se voit, le taquina son frère.
- Tu peux parler avec tes putains de cernes, se vexa Bill.
- J'ai pas vidé le pot de fond de teint pour le masquer, MOI.

A cette dernière remarque, Bill se renfrogna encore plus. Ce voyage de reconnaissance au pays du hamburger l'avait rendu extrêmement irritable.

# Posted on Tuesday, 19 February 2008 at 2:47 PM

Edited on Friday, 04 July 2008 at 4:13 PM

Kapitel IVUne merveille, un attrape-nigaud, un nid à pètés de tunne.'

Kapitel IVUne merveille, un attrape-nigaud, un nid à pètés de tunne.'
Sa peau absorbe l'eau à mesure que les aiguilles tournent. Le bout de ses doigts se fripent et blanchissent de mousse, de cette humidité savonneuse. Afin de détendre l'atmosphère, elle agite ses mains de temps à autre autour d'elle et éclabousse sa collègue, elles éclatent de rire avant de reprendre rapidement la plonge de toute cette vaisselle. Pour une assiette vivement frottée, astiquée et essuyée, trois nouvelles viennent se rajouter à la pile déjà colossale. Leur travail ne semble jamais vouloir ralentir son rythme, ni même jamais s'arrêtait. Des heures que Dany et Sofia lavent, des heures, plus de minutes et de secondes encore. Elles attendent patiemment que l'horloge accrochée au-dessus de leur tête leur indique l'heure de la pause.


- 16h58... Je dépose le tablier ! Ils ne vont pas chier pour deux misérables minutes, ose enfin Sofia
- Je suis bien d'accord. Tu m'accompagnes à l'extérieur ?
- Je te rejoins plus tard, je vais visiter l'hôtel. Autant en profiter, rigole-t-elle, et jouir de ce palace.
- Vas pas te perdre. Et reviens pour le service du soir !

Sofia l'ignore. Elle se débarasse de ses gants et son tablier et s'élance comme une gamine à la découverte de cet immeuble luxueux de plusieurs dizaines d'étages. Dany la poursuis, à une allure plus lente et posée. Elle se dirige vers l'entrée principale quand un homme la retient par la manche.


- Vous n'y pensez pas sérieusement ? Vous vous feriez déchiqueter... Tout ça pour votre pass de travail !

Dany le dévisage, ne semblant pas comprendre. Elle colle son visage aux portes teintées, ses mains en visière et remarque que la sortie est obstruée pas des dizaines, voire des centaines d'adolescentes. Pressée de prendre l'air et de se griller une cigarette, elle fait volte face, et s'éclipse vers l'arrière des bâtiments. Elle parcourre les couloirs, continue de marche en songeant à toutes ces filles. Pourquoi sont-elles là ?


- Les 2Be3 à l'hôtel? , crie-t-elle, semblant enfin saisir.

Elle regarde dans son dos, derrière elle, s'imaginant les petites sautant au cou de la célébrité. Elle se souvient que la porte ne devait plus être loin, elle tourne à nouveau sa tête. En chemin, elle rencontre un objet solide sur lequel son visage se cogne violemment. Elle recule de quelques pas, d'un équilibre peu sûr.


- Putain merde ça fait mal ! , jure-t-elle, pliée en deux, le nez brûlant entre ses doigts.
- Vous allez bien mademoiselle ?!
- J'ai l'air d'aller bien peut-être ? Pauvre con !
- Non, bien sûr que non.
- Ben alors !
- Je ne vous avais pas vu... Vous voulez un mouchoir ?
- Non merci.
- Vous avez besoin d'autre chose ? Mon Dieu, je suis vraiment un idiot fini, il pose sa main d'un geste hésitant sur l'épaule de Dany. Une verre d'eau, vous allongez quelque part, je ne sais pas ...
- Je n'suis peut-être qu'une vulgaire bonne mais je suis encore capable de m'occuper de moi. Merci, lui crache-t-elle à la figure.

Irritée sous le coup de la douleur, Dany se redresse et abandonne le pauvre garçon au milieu de ses remords. Il l'observe s'éclipser par la porte arrière de l'hôtel. Elle s'installe sur le rebord bêtonné d'un parterre, sort son paquet de Camel et fume plusieurs cigarettes à la suite. Ces petites doses ont le don de l'appaiser pleinement. Son entourage a beau tenté de la dissuader de se pourrir la santé si inutilement, elle ne décrochera pas, elle ne le veut tout simplement pas. Mourir est une fatalité.

Aujourd'hui ou demain, qu'importe.

Après s'être assuré qu'elle vivrait sans séquelles, le jeune homme s'éloigne à son tour, croisant au passage Sofia, émerveillée, les yeux brillants.


- C'est la quantième que t'enfiles ? A ce rythme, je te retrouve asphyxiée demain matin, ma petite.

Sans attendre la moindre réponse de ma part, elle s'empare du reste de tabac et se dépêche de le lancer dans la poubelle la plus proche avant que Dany ne la poursuive en gémissant.


- Cesse de t'époumonner pour des queues de cerises.
- Mais j'aime les fruits rouges.
- Tu en es sûre ? Je ne voudrais pas t'en dégouter, mais de nos jours, -
- Si tu me parlais plutôt de cet hôtel.
- Une merveille, un attrape-nigaud, un nid à pètés de tunne.
- Pas besoin d'avoir visité pour le savoir !
- Par contre, tu pouvais pas savoir que certains bourges sont canons et excentriques.
- Canons, j'en doute pas. Mais excentriques ? Ca a de la personnalité ces gens-là ?
- Hum, il faut croire. Du moins, ils sortaient bien du lot les deux-trois que j'ai croisé.

# Posted on Sunday, 24 February 2008 at 12:09 PM

Edited on Friday, 04 July 2008 at 4:13 PM